Pâques est une fête très importante pour moi. Il y a quatre ans, mon premier article portait sur cette tradition chère à mon cœur. Sur le plan religieux, c’est une période essentielle au fondement de la religion du christianisme et elle rappelle la reconnaissance, l’amour et la paix. Cette année nous pousse encore plus à se sentir privilégiée.

Dans cette période incertaine à laquelle nous faisons face, toute notre vie se voit bouleversée du jour au lendemain. Alors que d’autres sont confinés dans une gigantesque mansion, d’autres sont confinés dans un 2 mètres carrés sur Paris et certains n’ont même pas de toit pour se confiner. Avoir un chez-soi, qu’il soit petit ou grand est un privilège.

Rapidement, en voyant les nouvelles d’un futur confinement, plusieurs sont allés se réfugier chez leurs parents, des amis ou des proches. Malheureusement, plusieurs personnes affrontent cette tempête seule, sans personne à qui se confier. Certains voient en cette occasion le moment pour se recentrer sur soi, mais pour d’autres, la solitude est vraiment très difficile. Je pense aux ainés, qui ne peuvent voir personne. Qui espèrent chaque seconde voir leur fils venir les visiter, leur petit-enfant leur apporter des fleurs, mais pourtant, jamais rien. Il faut rester chez soi, pour eux.

Pour contrer le virus, on se fait rappeler constamment l’importance de se laver les mains, d’avoir une distance de deux mètres entre nous et de rester confiner chez soi. Toutefois, quand on y pense, des millions de personnes ne peuvent même pas se laver les mains, car ils n’ont même pas d’eau potable. L’accès limité à une eau potable ne leur permet pas d’avoir une bonne hygiène de vie, comme nous le devrions. C’est dur de garder une distance de deux mètres quand les maisons du quartier sont collés et que quinze personnes vivent sous le même toit. Ils sont comme nous, mais n’ont pas la chance d’avoir des privilèges que nous avons a porté de main, comme de l’eau potable.

Cette crise a volé en éclat des projets, a fait perdre des emplois et a semé la panique. Je pense à la mère monoparentale qui a de la misère à payer les factures de fin de mois, aux parents aux chômages qui essayent de garder le moral, aux petites entreprises qui voient leur chiffre d’affaires fondre et à tous ceux qui vivent un stress immense. Actuellement, il y a des millions d’enfants qui n’ont pas leur petit-déjeuner et des gens qui ont très faim.

J’ai une pensée aux femmes victimes de violences conjugales pour qui confinement rime avec horreur. Aux hommes, également, victimes de violence domestique. Aux enfants, privés d’enfance victimes de coups et d’injures. Cette crise tue, autant psychologiquement, que physiquement.

Cette pandémie m’a aussi fait réaliser que j’ai de la chance d’habiter dans un pays qui vient en aide à ces citoyens et qui prend les mesures adéquates pour protéger la population. Notre système de santé public est en partie gratuit. En conséquence, les personnes infectées ont accès à des soins sans qu’ils aient à se soucier d’une facture salée. Des projets de loi sont créés pour aider financièrement les gens au chômage et les entreprises. Le Canada est loin d’être parfait, mais ce n’est pas tout le monde qui vit dans un pays qui vient en aide à ces citoyens, alors je suis reconnaissante.

Je pense aussi à tous ceux sur le front. À ceux qui quittent leur mère, pour qu’on puisse être avec la nôtre. À ceux qui dorment dans leur garage, pour ne pas infecter leur famille. À ceux qui sont épuisés, mais qui continuent de sourire, chaque matin, lorsqu’ils rentrent dans la chambre d’un malade. À ceux qui mettent leur vie en danger pour apporter dans leurs camions les provisions qui apparaissent sur nos tablettes d’épiceries. À ceux, dans les supermarchés et les pharmacies, qui veillent à ce que notre chariot manque de rien. À toutes les personnes mobilisées dans cette crise, nous sommes reconnaissants pour vous.

Les gestes de solidarité ne manquent pas durant cette crise et n’oublions pas notre sens d’humanité. Continuons à être généreux, à être solidaires, à être gentils entre nous et à se serrer les coudes.

Je vous souhaite une joyeuse Pâques, réunis avec les gens que vous aimez, mais à distance. Je vous prie d’être reconnaissant, on a des privilèges que certains rêvent chaque soir d’avoir. On a le droit d’être stressé, d’être tanné et d’être plus triste ces temps-ci.

Garder le moral, ça va finir par bien aller.

xx

Une fille au chocolat