Je ressentais le besoin d’écrire ces lignes après que 317 adolescentes nigérianes ont été enlevées dans leur école dans la nuit de jeudi le 25 février et vendredi à Jamgebe, dans l’État de Zamfara. Depuis cet enlèvement qu’on qualifie de rapt de masse, leurs parents sont sans nouvelles.

Je suis tombée par hasard sur cette nouvelle en défilant plus longtemps mon fil d’actualité vendredi matin, car oui, cet enlèvement massif n’a pas fait la une du journal. Il est classé dans la section internationale enlèvement. Cet événement est actuellement le plus récent d’une série de rapts qui sévit au Nigéria. En début décembre, 344 jeunes garçons avaient été enlevés dans un pensionnat de Kankara, avant d’être relâchés une semaine plus tard, après des négociations. Ces enlèvements commencent à être de plus en plus fréquents et traumatisent la population.

Cet enlèvement rappelle le douloureux souvenir de l’enlèvement des lycéennes de Chibok dans lequel 276 lycéennes ont été kidnappées par Boko Haram en 2014. À l’époque, cette nouvelle avait suscité une indignation mondiale et avait engendré une campagne de sensibilisation soulevée par le slogan #bringbackourgirls. Des personnalités publiques et politiques ont supporté le mouvement, comme Michelle Obama qui a porté une affiche et qui l’a publiée sur son compte Twitter. Il y a eu différentes interventions et négociations qui ont été mises en place par le gouvernement nigérien et l’aide internationale, mais les 276 filles n’ont jamais été toutes retrouvées.

Je n’entrerai pas en détail des conflits au Nigéria, car c’est une situation géopolitique complexe dans laquelle il y a différents acteurs et enjeux impliqués et je souhaite en apprendre davantage avant de l’aborder. Néanmoins, je crois que c’est à nous de s’éduquer et de comprendre ce qui se passe à l’extérieur des frontières de notre pays. On peut faire le choix de se concentrer sur ce qui nous touche seulement, ou aussi faire le choix de s’informer sur l’actualité internationale et d’agir pour les causes qui sont chères à nos yeux, comme l’éducation et la justice sociale.

J’écris cet article dans l’espoir que, si ce n’était pas le cas, vous êtes maintenant au courant de ce tragique enlèvement au Nigéria et qu’ensemble, on fait un devoir collectif de s’informer et de sensibiliser notre entourage.

Le sort de l’éducation et de la vie de ces centaines de filles disparues devraient être au cœur de nos priorités, au lieu de tomber à la fin de notre fil d’actualité.

Quelques articles sur le sujet:

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nigeria-nouveau-kidnapping-de-masse-dans-une-ecole-20210226

https://www.parismatch.com/Actu/International/Nouveau-kidnapping-dans-une-ecole-au-Nigeria-des-centaines-de-filles-portees-disparues-1726522

https://www.thenewhumanitarian.org/fr/analyses/2015/09/01/les-epouses-de-boko-haram-libres-mais-stigmatisees

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/12/l-urgence-absolue-pour-les-filles-de-chibok-liberees-c-est-la-psychotherapie_5047753_3212.html

https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/actualites/nigeria-les-enfants-brises-par-la-guerre-ne-doivent-pas-etre-sacrifies

À bientôt,

xx

Une fille au chocolat